Idée #793 – Rencontrer l’incroyable bec en sabot préhistorique
Le Bec-en-sabot du Nil (Balaeniceps rex) est une espèce d’oiseau massif, ainsi nommé en raison de son bec énorme, qui lui confère une apparence « préhisorique ». Cet oiseau est un échassier, au même titre que la cigogne ou le héron. Il est actuellement menacé par la destruction de son habitat naturel. Sa population est estimée en 2002 de 5 000-8 000 individus.
Le bec en sabot mesure généralement de 1,00 à 1,20 mètres, avec de longues pattes sombres. Son envergure peut atteindre 2,30 mètres. Il pèse généralement de 4 à 7 kilogrammes. Le plumage chez les adultes des deux sexes est gris, légèrement bleuté, à l’aspect granité. Le Bec-en-sabot présente, sur l’arrière de la tête, une petite touffe de plumes qu’il peut ériger comme une crête. Il n’y a pas de réel dimorphisme sexuel chez cette espèce : le mâle est juste un peu plus gros que la femelle et a un bec plus long. Les yeux sont grands et de couleur jaunâtre ou gris-blanc ; situés sur le devant de la tête, ils confèrent au Bec-en-sabot une vision binoculaire, et surtout, un regard un peu glaçant…
Le bec est la principale caractéristique de l’espèce, car il ressemble à un sabot de couleur jaunâtre ou rosée. La forme du bec apparaît, en fait, très adaptée à la pêche en eaux troubles, basses et encombrées de végétaux. Au lieu de harponner à la manière des hérons, le bec-en-sabot écope à l’horizontale, emportant le milieu dans lequel frétille la proie visée. Le crochet qui arme sa mandibule supérieure lui sert à pincer sa prise glissante, les bords tranchants à la découper. Essentiellement piscivore, il se nourrit de poissons-chats, de protoptères, de tilapias, de serpents aquatiques ou de grenouilles. Il peut aussi occasionnellement consommer des varans, des tortues, de jeunes crocodiles, des mollusques, voire des rongeurs, jeunes oiseaux et charognes. Nous l’avons observé dans les marais du lac Victoria, après une bonne heure de recherche. Allez, on va voir l’oiseau d’Harry Potter !
Le bec en sabot pond deux à trois œufs par couvée. Afin de s’approprier toute l’attention et la nourriture, le plus vigoureux des oisillons tuera le reste de la fratrie : il ne restera à la fin du cycle de reproduction qu’un seul petit !
Quelques Images
C’est où ?
Marais de Mamaba, Lac Victoria, Ouganda
Article publié pour la première fois le 09/07/2017





