Idée #813 – Voir les bagnes de la Transportation et de la Relégation en Guyane
Saint-Laurent-du-Maroni, localisée à 253 kilomètres à l’ouest de Cayenne, est issue du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni ou camp de la Transportation. Cet établissement pénitentiaire en Guyane, qui n’existe plus aujourd’hui, était la centrale du bagne de la Guyane française.
Le bagne est créé par la loi du 26 août 1792 qui prévoit la déportation politique en Guyane d’« ecclésiastiques non sermentés », puis aux ecclésiastiques dénoncés pour cause d’incivisme, dès 1793. En 1795, s’y ajoutent les ennemis de la révolution française. Le Directoire déporte ainsi 328 personnes à Sinnamary de 1797 à 1798, mais le blocus maritime imposé par l’Angleterre ainsi que les nombreuses épidémies qui s’y développent entraînent l’arrêt de l’application de ces mesures.
Le 22 novembre 1850, Louis Napoléon proclamait : « 6 000 condamnés dans nos bagnes grèvent les budgets d’une charge énorme, se dépravant de plus en plus, et menaçant incessamment la société. Il me semble possible de rendre la peine des travaux forcés plus efficace, plus moralisatrice, moins dispendieuse, et plus humaine en l’utilisant au progrès de la colonisation française ». Le 31 mars 1852, le premier convoi de condamnés partait de Brest à destination des îles du Salut.
Le 21 février 1858, le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni était inauguré sur le fleuve Maroni. Il était constitué de plus de 12 bâtiments, formés de rangées de « cases » contenant les cellules de part et d’autre de la cour intérieure, un hôpital, des cuisines, les bâtiments du personnel, lavoir et bibliothèque. Tous les condamnés venant de la France métropolitaine débarquaient d’abord à Saint-Laurent et étaient ensuite répartis entre les différents camps et pénitenciers de la Guyane. Le 16 mars 1880, on créa également la ville de Saint-Laurent-du-Maroni, qui était une commune pénitentiaire, dont les habitants étaient presque tous des gardiens ou des bagnards libérés.
Le bagne de la transportation de Saint-Laurent-sur-Maroni n’était qu’un dépôt temporaire : tous les condamnés débarquaient au port du Maroni, pour être ensuite envoyés dans les autres camps et pénitenciers. Seulement un petit nombre de bagnards restait à Saint-Laurent. Quand un bateau (La Loire, Le Martinière) arrivait de métropole depuis Saint-Martin-de-Ré, on séparait d’abord les « chevaux de retour » c’est à dire les forçats évadés et les récidivistes pour les envoyer aux îles du Salut, d’où toute fuite était considérée comme impossible. Le reste des forçats restait quelque temps à Saint-Laurent, pour être ensuite réparti entre les différents camps.
Saint-Jean-du-Maroni abritait le camp de la Relégation, un bagne de la Guyane française, sous forme d’un camp militaire de 16 cases en briques. Les relégués étaient sous le coup de la loi de 1885 des multi-récidivistes, divisés en deux catégories : les relégués collectifs, vivant au camp, qui fournissaient un travail à l’Administration pénitentiaire et devaient répondre à deux appels par jour et les relégués individuels qui étaient en semi-liberté et pouvaient être à leur propre compte. Cette colonie pénitentiaire possède aussi un cimetière propre, dans la forêt, que nous avons visité.
Dans les sites connexes, citons l’île des Lépreux, ou île de la Quarantaine, est située sur le Maroni, accessible uniquement en pirogue. C’est là qu’étaient exilés les bagnards affectés de la lèpre.
Le bagne de Saint-Laurent-sur-Maroni ne ferma qu’en 1946, année où le bagne tout entier cessa définitivement d’exister. Le site est classé monument historique.
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Certains bagnards réussirent tout de même à s’échapper des bagnes de Guyane, comme Henri Charrière, dit Papillon, à l’histoire douteuse. L’ancien bagne de Saint Laurent montre toujours la célèbre cellule ou Papillon séjourna et d’où il s’évada pour se réfugier un temps sur l’île des lépreux.
Quelques Images
C’est où ?
Camp de la Transportation, Saint Laurent du Maroni, Guyane, France
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