Idée #812 – Visiter le Petit Paris, la ville pénitentiaire de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane
Saint-Laurent-du-Maroni, localisée à 253 kilomètres à l’ouest de Cayenne, est située sur le fleuve Maroni, à une trentaine de kilomètres de l’océan Atlantique, face à la ville surinamaise d’Albina.
Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, le Maroni est la voie de pénétration de nouvelles populations. Aux colons européens et leurs esclaves noirs, vont s’ajouter les Businenge, esclaves en fuite du Suriname. Grands navigateurs, ils sont piroguiers, pratiquent l’agriculture et l’artisanat. Le premier bagne est créé par la loi du 26 août 1792 qui prévoyait la déportation politique en Guyane des « ecclésiastiques non sermentés » puis aux ecclésiastiques dénoncés pour cause d’incivisme (loi du 23 avril 1793). A partir de 1795, s’ajoutent les ennemis de la Révolution française, mais le blocus maritime imposé par l’Angleterre ainsi que les nombreuses épidémies qui s’y développaient entraînèrent l’arrêt de l’application de ces mesures.
La ruée vers l’or, qui débuta peu après l’abolition de l’esclavage, vers 1850, révolutionne la société créole. Les esclaves libérés délaissent alors les plantations à la recherche de l’or, creusent les premières mines en forêt, avant d’être rejoint par les créoles venus de Martinique, de la Guadeloupe, de la Dominique et de Sainte-Lucie. Tous installés dans la région de Saint-Laurent, ils y développent le commerce de l’or.
Les nouveaux territoires explorés à partir de 1852 manquant de main-d’œuvre, Louis-Napoléon rétablit la déportation des bagnards. Après avoir essayé d’investir des zones insalubres, le choix se porte alors sur la rive droite du Maroni, ce qui déterminera l’emplacement de l’agglomération, lieu de déportation pour les condamnés aux travaux forcés jusqu’en 1946.
En plus des forçats employés à cultiver bananes et cannes à sucre, le gouvernement français fait venir des ressortissants portugais, africains, indiens et chinois. Ces derniers, venus de Shanghai et de Canton, constituent le groupe le plus important, gérant des alimentations, bazars et commerces où ils sont toujours majoritaires. Dans le même temps ont été déportées des femmes, dans la perspective, leurs peines finies, de s’installer pour fonder un foyer. Cette idée s’avèrera être un échec, et cette tentative sera arrêtée en 1905. Le 15 septembre 1880, la ville de Saint Laurent prend le statut de commune pénitentiaire spéciale. La fonction de maire est alors assurée par le directeur de l’Administration pénitentiaire, qui nomme une commission municipale.
La transportation des forçats européens reprenant en 1887, la ville a dû s’agrandir. Construite en damier, elle était divisée en trois quartiers. Il y avait le quartier officiel avec les administrations et ses logements de fonction, venait ensuite la ville coloniale destinée aux concessionnaires, puis le quartier du Camp de la transportation, où se trouvaient aussi la gendarmerie et l’hôpital. Cette organisation et la qualité des constructions firent surnommer Saint-Laurent le « Petit Paris ». Allez, on va se plonger dans cette ville coloniale et pénitentiaire.
Envie d’en voir plus ? Découvrez nos vidéos sur le Fleuve Maroni et sur Les Bagnes de Saint Laurent ici !
Quelques Images
C’est où ?
Saint-Laurent-du-Maroni, Guyane, France
allowfullscreen= »allowfullscreen »>





